Depuis que Google affiche des résumés générés par IA en tête de ses résultats, une question revient sur chaque reporting client : le clic organique est-il en train de mourir ? La réponse honnête est plus nuancée que les titres alarmistes, et c’est justement là que se joue la stratégie.
Ce que disent les chiffres
Sur les requêtes où une AI Overview s’affiche, le taux de clic organique s’effondre. L’étude longitudinale de Seer Interactive (5,47 millions de requêtes, 53 marques, de juin 2024 à septembre 2025) mesure une chute du CTR organique de 1,76 % à 0,61 %, soit environ 61 % de compression. Ahrefs, sur 300 000 mots-clés, observe une baisse de 34 à 58 % du CTR de la première position quand une AI Overview est présente. Pew Research va dans le même sens : seuls 8 % des utilisateurs cliquent sur un résultat organique quand un résumé IA apparaît, contre 15 % sans.
La direction est unanime, même si l’ampleur varie selon la méthodologie.
Le décrochage s’est stabilisé début 2026
Le point le plus intéressant des données récentes, c’est que la chute n’a pas continué en ligne droite. Toujours selon Seer, le CTR organique sur les requêtes à AI Overview est remonté d’un plancher de 0,61 % à 2,4 % entre fin 2025 et février 2026. Les utilisateurs apprennent à cohabiter avec le bloc IA et à le dépasser quand ils veulent creuser. Le clic n’a pas disparu, il s’est raréfié et déplacé.
L’impact n’est pas uniforme
Parler d’un chiffre global n’a pas de sens. La présence des AI Overviews varie énormément selon les secteurs. D’après BrightEdge, elles apparaissent sur environ 88 % des requêtes en santé et 82 % en tech B2B, mais seulement autour de 4 % en e-commerce transactionnel. Si vous vendez des produits, vous êtes bien moins exposé que si vous éditez du contenu informationnel.
La vraie bascule : de la position à la citation
Voici le chiffre qui change tout : d’après BrightEdge, seules 17 % des sources citées dans les AI Overviews viennent du top 10 organique, contre 76 % à la mi-2024. Autrement dit, être bien classé ne garantit plus d’être cité. Et être cité change tout : les marques citées dans une AI Overview récupèrent nettement plus de clics que les autres sur la même requête, Seer parle de plus du double.
Le jeu n’est donc plus seulement « me classer premier », mais « être la source que l’IA reprend ». C’est exactement le terrain de la GEO/AEO, et ça se prépare avec une méthode précise, que je détaille dans ma checklist pour auditer un site pour l’AEO.
Ce que ça change dans ma façon de travailler
Sur les comptes que j’accompagne, je réoriente le travail sur trois axes :
- Optimiser pour l’extraction : réponses courtes et autonomes, définitions en tête de section, données chiffrées originales que l’IA peut reprendre.
- Construire de l’autorité citable : recherche propriétaire, sources vérifiables, auteur clairement identifié. L’IA cite ce en quoi elle a confiance.
- Changer d’indicateurs : ne plus regarder que le CTR, mais aussi la part de voix dans les réponses IA, la fréquence de citation et les impressions, qui ont d’ailleurs augmenté depuis l’arrivée des AI Overviews.
Côté utilisateurs, cette omniprésence de l’IA crée aussi un rejet : certains cherchent activement à masquer ces réponses dans Google. Un signal à garder en tête.
En résumé
Le clic organique n’est pas mort, mais il ne se gagne plus de la même manière. Sur les requêtes informationnelles, la bataille se déplace vers la citation dans le résumé IA. Le SEO qui refuse de mesurer sa visibilité dans les réponses génératives se prive de la moitié du tableau.
Sources : Seer Interactive, Search Engine Land.